Pourquoi la K-pop nous touche autant : le jeong au cœur de la culture coréenne.
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La K-pop : une musique du collectif et des émotions
La K-pop est souvent perçue, vue de l’extérieur, comme une industrie musicale très codifiée : des groupes nombreux, des chorégraphies millimétrées, des visuels soignés. Pourtant, en Corée, la K-pop occupe une place bien plus profonde. Elle n’est pas seulement un divertissement, mais un véritable miroir de la culture, des valeurs et du rapport aux émotions.
Comprendre la K-pop, c’est aussi comprendre ce qui relie les individus entre eux en Corée.

Aux origines de la K-pop
La K-pop moderne émerge dans les années 1990, à une période charnière pour la Corée du Sud. Le pays se transforme rapidement, s’ouvre davantage à l’international et absorbe de nombreuses influences occidentales : pop, hip-hop, R&B, électro.
Mais loin d’une simple imitation, la Corée crée un modèle unique. La musique devient un espace où se mêlent modernité et valeurs culturelles profondes : l’importance du collectif, l’effort constant, la persévérance, la discipline… mais aussi l’expression émotionnelle.
Dès le départ, la K-pop se structure autour des groupes, et non autour de figures strictement individuelles. Ce choix n’est pas anodin : il reflète une vision du monde où l’harmonie du groupe prime sur la mise en avant de soi.
Le groupe avant l’individu
Alors qu’en Occident les groupes musicaux ont peu à peu laissé place aux artistes solo, la K-pop continue de valoriser le collectif. Chaque membre a son rôle, sa personnalité, sa couleur, mais aucun n’existe réellement sans les autres.
Cette dynamique fait écho à la culture coréenne, dans laquelle l’individu se définit largement à travers ses relations. L’identité se construit dans le lien, dans l’appartenance, dans le “nous”.
C’est ici qu’intervient une notion centrale pour comprendre la K-pop : le jeong.

Le jeong : un lien émotionnel qui se construit dans le temps
Le jeong est l’un des concepts les plus fondamentaux de la culture coréenne, et aussi l’un des plus difficiles à traduire. Il ne s’agit ni d’amour au sens romantique, ni simplement d’amitié, ni même d’affection. Le jeong est un lien émotionnel profond, qui se crée lentement, avec le temps.
Contrairement aux émotions immédiates, le jeong ne naît pas d’un coup. Il se tisse à travers les expériences partagées, les moments vécus ensemble, les difficultés traversées, la fidélité, la présence constante. C’est un attachement qui peut exister sans être exprimé, mais qui se ressent très fortement.
En Corée, le jeong relie les membres d’une famille, des amis de longue date, des collègues, mais aussi parfois des personnes sans lien officiel, simplement parce qu’un vécu commun les unit.

Le jeong dans la K-pop
Dans la K-pop, le jeong est omniprésent, même s’il n’est pas toujours nommé. Les membres d’un groupe passent souvent des années à s’entraîner ensemble avant même de débuter. Ils partagent la fatigue, la pression, les doutes, les échecs et les réussites. Ce vécu commun crée un lien émotionnel intense, perceptible dans leur manière d’interagir, de se soutenir et de fonctionner comme un tout.
Mais le jeong ne s’arrête pas aux membres du groupe. Il s’étend aussi à la relation entre les artistes et leurs fans. En suivant un groupe sur la durée, en accompagnant ses évolutions, ses pauses, ses moments de fragilité et ses retours, les fans développent eux aussi un attachement profond.
Ce n’est pas seulement de l’admiration ou de la consommation musicale, mais un sentiment de proximité émotionnelle, de loyauté et de soutien. C’est pourquoi les communautés de fans sont souvent si soudées : elles reposent sur un jeong partagé, nourri par le temps, les émotions communes et le sentiment d’appartenance.

Pourquoi la K-pop touche autant à l’international
Le succès mondial de la K-pop ne s’explique pas uniquement par sa qualité musicale ou son esthétique visuelle. Il repose aussi sur quelque chose de plus subtil: un besoin de lien.
Dans un monde marqué par l’individualisme et la performance, la K-pop remet en avant le collectif, l’entraide, la fidélité et l’émotion partagée. Elle offre un sentiment d’appartenance, une communauté, un espace où les émotions ont le droit d’exister.
Même sans connaître la culture coréenne en profondeur, beaucoup ressentent intuitivement cette chaleur humaine et cette proximité émotionnelle. Le jeong agit, même à distance.

La K-pop comme porte d’entrée vers la culture émotionnelle coréenne
S’intéresser à la K-pop, c’est souvent faire ses premiers pas vers une compréhension plus large de la culture coréenne et de son rapport aux émotions. À travers elle, on découvre une autre manière de penser le lien, l’attachement et le bien-être.
J’ai écrit un livre intitulé Le Guide du Vrai Bien-Être Coréen, dans lequel je propose une approche sensible et accessible de la culture émotionnelle coréenne. Ce guide explore des notions clés comme le jeong, mais aussi le han et le heung, afin de mieux comprendre la manière dont les Coréens vivent, expriment et traversent leurs émotions au quotidien.
Ce livre est le pilier d’une collection de quatre ouvrages, pensée comme un cheminement autour du bien-être et du lien à soi et aux autres. Autour du guide, j’ai créé des journaux introspectifs dédiés à ces concepts, dont le Journal du Jeong, conçu comme un espace personnel pour réfléchir à ses relations, à ses attachements, à ce qui se tisse dans la durée et nous relie profondément.
L’ensemble de cette collection est disponible dans ma boutique, pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin dans la découverte du bien-être coréen, à travers une approche à la fois culturelle, émotionnelle et introspective.
Car au fond, que ce soit à travers la K-pop ou l’écriture, le message reste le même :
👉 le bien-être ne se construit pas seul, mais dans le lien.

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