Can this love be translated ? - Han, Jeong et Heung au coeur d'une émotion silencieuse
Share
J’ai regardé la mini-série Netflix "Can this love be translated?" (Comment traduire cet amour?) un peu comme tout le monde.
Parce qu’on en parlait beaucoup.
Parce qu’elle revenait sans cesse dans les discussions, les recommandations, les commentaires.
Avant même de lancer le premier épisode, j’avais déjà lu des avis très partagés.
Certain(e)s trouvaient la série lente, fade, « pas ouf ».
Je n’y suis donc pas allée avec de grandes attentes, ni avec l’idée d’être bouleversée.
Et pourtant… j’ai aimé.
Pas d’un amour immédiat ou spectaculaire.
Plutôt d’un attachement discret, qui se construit sans bruit.
Une sensation douce, presque silencieuse, qui reste après le dernier épisode.
En la terminant, je n’ai pas ressenti une tristesse franche, ni une joie évidente.
Plutôt quelque chose de plus subtil.
Une émotion difficile à nommer, mais bien présente.
C’est à ce moment-là que j’ai pensé à ces trois concepts coréens : le Han, le Jeong et le Heung.

🌺 Le Han – Ce qui fait mal sans se dire
Le Han est une émotion profonde et complexe.
Il parle de blessures anciennes, de regrets, de choses qui n’ont pas pu se vivre pleinement.
Mais ce n’est pas une douleur qui explose.
C’est une peine contenue, digne, qui a appris à rester debout.
Dans la série, le Han se ressent dans les silences.
Dans les choix faits par lucidité plutôt que par désir.
Dans ce qui arrive trop tard, ou pas comme on l’aurait espéré.
Ce n’est pas une tragédie dramatique.
C’est une mélancolie calme, presque acceptée.
Un amour qui existe malgré ce qui lui manque.
💘 Le Jeong – Le lien qui ne se défait pas
Le Jeong est souvent difficile à comprendre avec des mots occidentaux.
Ce n’est pas la passion.
Ce n’est pas non plus simplement l’amour.
Le Jeong, c’est l’attachement profond qui se construit avec le temps.
Dans le quotidien, la présence, les petits gestes.
C’est ce lien qui fait qu’on ne peut pas couper net, même quand les choses deviennent floues ou compliquées.
Dans Comment traduire cet amour ?, le Jeong est partout.
Dans les regards qui restent doux.
Dans le soin porté à l’autre.
Dans cette impression que, même quand l’amour change de forme, le lien, lui, demeure.
✨ Le Heung – La lumière discrète
Le Heung est souvent associé à la joie et à l’élan de vie.
Mais ici, il ne s’agit pas d’une joie bruyante ou exubérante.
C’est une légèreté discrète.
Une capacité à sourire, à respirer, à continuer malgré ce qui pèse.
Le Heung apparaît dans les moments simples, dans l’humour doux, dans ces instants qui allègent l’atmosphère sans nier la profondeur émotionnelle.
C’est lui qui empêche le Han de devenir trop lourd.
C’est lui qui rappelle que la vie continue, même avec ses zones d’ombre.
🌸 Un amour en équilibre

Si cette série divise autant, c’est peut-être parce qu’elle ne répond pas aux attentes habituelles.
Elle ne raconte pas une histoire d’amour idéalisée.
Elle ne cherche pas à séduire à tout prix.
Elle montre un amour traversé par le Han, qui lui donne de la profondeur, le Jeong, qui lui donne de la continuité et le Heung, qui lui donne de la vie.
Un amour imparfait, lent, parfois frustrant.
Mais profondément humain.
🌸 Et si traduire l’amour, c’était l’appauvrir ?
Comment traduire cet amour ? pose finalement une question plus large.
Certaines émotions ont-elles vraiment besoin d’être expliquées ?
Peut-être que non.
Peut-être que certaines expériences se ressentent plus qu’elles ne se comprennent.
Et peut-être que vouloir absolument traduire, analyser ou juger, fait parfois perdre l’essentiel.
Cette série m’a rappelé que l’amour n’est pas toujours fait de grandes déclarations.
Parfois, il est fait de silences, de liens qui persistent, et d’une joie fragile mais sincère.
Et peut-être que cela suffit.

🌸 Accueillir ce qui reste en silence
Si cette série a fait émerger chez vous des émotions difficiles à nommer,
si vous avez ressenti ce mélange de douceur, de mélancolie et de lien persistant,
alors peut-être avez-vous touché, vous aussi, quelque chose du Han, du Jeong et du Heung.
C’est pour accompagner cette compréhension que j’ai créé un guide,
pensé comme une porte d’entrée pour découvrir ces concepts coréens,
les comprendre, les situer, et mieux reconnaître leur présence dans nos vies.
Et parce que comprendre ne suffit pas toujours, j’ai également conçu le Journal du Han et le Journal du Jeong comme des espaces d’écriture et d’introspection, où déposer ce qui pèse en silence, explorer les liens qui demeurent, et laisser les émotions suivre leur propre rythme.
Comprendre pour éclairer.
Écrire pour traverser 🤍
Visitez ma boutique 👉 www.blacksakura.be 🌸
Voir le guide
Voir le journal du Han